Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 19:50

Ma famille est en Martinique

Mais je sais que je m’en vais

 

Mon père est mort et un peu de lui est parti en moi

Le jour où on me l’a annoncé je sais plus de quoi

J’allais vivre, ni pourquoi ni comment. Mais la foi

M’a poussé à aller dans le pays de la personne,

Seul,

Sans ami

Sans aide suffisante

Just do it

Et se débrouiller

Se démener, sans fouiller

 

Dans les poches de la foule

Dans la rue, comme chez Manu

Ne pas faire confiance au mec cool

Qui te propose en échange, d’être nu.

Conserver

Sa dignité

Sa fierté.

Un patron

Pourtant en magasin

Le propre cousin,

Le frère, se fait maton

Et me suit au moindre pas.

 

 

Michael comment tu t’appelles ?

- Le Parisien dit que je suis un SDF

J’habitais un foyer et pas l’hôtel.

 

D’autres disent que j’étais un marginal.

Les rues n’étaient pas mon fief

J’n’étais pas un rejeté de la société.

 

Dites que je suis un exilé,

Puisque je suis martiniquais

Avant d’être français.

 

Ils m’ont traité de voleur.

Mais le voleur est celui qui ne s’est pas fait chopé.

 

Au fait parlant de chope,

Je n’saurais pas quelle goût, elles avaient ces bières,

Mais je sais qu’elles avaient un goût de sang

Au bout de la langue, et qu’avant-hier

Avec ma pagnette, je ne voulais pas me faire chier,

Et rester dans ces bras le jour de l’an, fier

D’avoir un cœur en qui mon être résonne.

 

J’ai pas manqué de respect - Me suis juste énervé,

Parce que dans les magasins c’est toujours la même histoire

Un gars, un noir, un frère, un cousin, se fait miroir

Me suis, partout, et vois pas le père et sa fille

Voler une paire de chaussures.

Ils ont l’air tellement plus classes

Que moi.

 

Alors, ces quatre mecs plus forts

Que moi, m’ont attrapé mon sort

-        Et mon souffle en était fait -

Et comme mon langage n’avait pas d’insultes

L’autre m’a répondu d’un coup de poing culte

En pleine bouche.

 

Bien sûr que c’est lâche,

De me tenir

De me cogner

Bien sûr que je me suis énervé

Bien sûr que j’ai eu envie de tout casser.

 

Mais voilà,

Plié en deux comme un paquet de linge,

J’ai vu une lumière, mes méninges

Ont coupé le contact après que je vis les tâches noires clignoter.

 

Ces canettes

Je sais même plus pourquoi 

 

Je suis là à ne plus pouvoir respirer

Je sais même pas où je suis

 

La seule personne que je vois c’est mon père.

 

Par Sally Wayana - Publié dans : Actualité - Communauté : vos poèmes
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Commentaires

J'aimerai reprendre ce poème pour mon blog .Je mettrai bien sur votre référence .J'avais auparavant fait une vidéo qui expliquait comment M.Blaise avait été assassiné .En cette année 2011 qui vient je veux faire un petit flasback avec votre poème parce que j'ai des milliers de visiteurs .Les vigiles qui ont tués Michael ont presque tous été libéré et je veux le rappeler à la diaspora qui vient par millier sur mon blog .
Commentaire n°1 posté par nubiennes le 31/12/2010 à 09h11

Biensûr, après correction des étourderies ;)

Réponse de Sally Wayana le 31/12/2010 à 09h53
Merci,puis je le reporter immédiatement sur mon blog ?
Peut être vous préférez comme vous l'insinuez me donner une version 2.0 du poème.
Commentaire n°2 posté par nubiennes le 31/12/2010 à 12h32

Bienssssssuur, je l'ai déja corrigé en voyant le mail ce matin. ct juste des fautes dites d'orthographes ;)

Réponse de Sally Wayana le 31/12/2010 à 13h24
Le poème a été publié à la page 350 .Merci ^v^ .
Commentaire n°3 posté par nubiennes le 31/12/2010 à 17h00

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