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La méchanceté n’a aucun état d’âme quand elle agit. Elle n’a même aucune conscience.
La seule chose qu’elle sache c’est son but : blesser.
Alors quand le but a été atteinte, la conscience reprend les rennes et doit affronter les dégâts moraux.
Ainsi apparaît le regret. L’acte qu’on aurait voulu ne pas voir faire.
Accompagné de la culpabilité : se rendre compte réellement que l’acte en question n’a pas été bien, et que rien ne fera reculer les choses. S’ensuivent des questions existentielles qui n’ont de but que soulager la méchanceté et peser sur l’âme.
Je regrette d’avoir coincé cette porte et risquer qu’une jeune fille se fasse mal. C’est bien après mûre réflexion qu’ailleurs dans mon âme quelque part en moi, hors de mon moi, on riait, mais ce n’était pas moi. Une satisfaction intérieure s’est installée dans ma culpabilité.
Le silence est d’or mais sachez que plus on l’emploie moins les mots sont adaptés aux circonstances.
Le silence crée le malaise et ne rien dire et agir en même temps crée une discorde.
Pourquoi une parole n’est-elle jamais de trop ?
Si elle est de trop, elle incite à parler derrière.
Si elle arrive à un moment clé, alors le dialogue peut être installé et ce dernier peut résoudre bien des choses. Les éclaircir. Faire en sorte qu’aucune question ne vienne remplir la tête.
Pourquoi ne pas parler quand ça va mal ?
Pourquoi ne rien dire et se taire ?
A force, l’habitude de ne rien dire, deviens un réflexe.
On agit en tout état de conscience mais on ne dit rien, parce qu’on y pense pas.
Par contre lorsqu’on ne parle pas, c’est qu’on ne veut rien dire. On se tait consciemment et volontairement. Par fois dans ces conditions, les mots sont en bagarre et risque de sortir en désordre créant là un malentendu, des mots non mesurés ni même convenant à la situation.
En ce qui me concerne je parle souvent pour ne rien dire, et ça me va, parce que tout simplement j’aime parler et muscler ma langue et mes labiales, et gérer mon souffle. Bien sûr mes paroles sont absentes de méchanceté ou de sens ou d’utilité. C’est du plaisir de parler. Raconter quelque chose. Des simplicités. Ca me permet aussi d’oublier mes soucis et sûrement de diriger les personnes dans une direction autre que la conversation qui s’attacherait à me dévoiler.
Quand je ne dis rien, c’est que je ne peux pas user de la parole intelligente.
Car dans l’émotion, les mots sont en pensée mais en dire, ne se respectent pas.
Je m’explique.
Par fois, je suis fâchée contre quelqu’un ou déçue ou j’en veux à quelqu’un :
Je ne vais rien dire, parce que les sentiments et l’émotion se mêlent au langage, ainsi que de dire des choses méchantes. Je ne maîtrise pas le langage émotionnel surchargé.
Ce qu’on veut dire se mêle à ce qu’on ressent. Ca peut être très blessant. Ou insensé.
Tout ça pour dire, que je n’aurais pas dû faire ce que j’ai fait à cette chère collègue, mais il faut dire qu’elle est dans la même situation que moi et que les mots employés en excès ne sont que la pure révélation d’un mal qu’elle tente de cacher de camoufler.
Ce mal qui n’a pas de mot, s’étend en elle et en excès. C’est de la douleur. Mais le sait-elle ?
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